Restez informé(e)...
Inscrire votre adresse courriel
Recherche
Connexion utilisateur
- Actualités
Avenir du Judaïsme rend hommage au Grand Rabbin de Paris David Messas (zatzal)
GénéralLes responsables et adhérents d’Avenir du Judaïsme s’inclinent respectueusement et tiennent à manifester leur profonde tristesse face à la disparition du Grand Rabbin David Messas (Zatsal). Nous présentons à sa famille, ses proches et aux nombreux amis qu’il comptait au sein de tous les courants de la Communauté juive, laïcs comme religieux, aussi bien qu’à l’extérieur de notre Communauté, notre profonde sympathie et nos vœux de consolation. Les hommages qui lui sont légitimement rendus en France, en Israël et dans d’autres pays du monde montrent bien l’affection respectueuse que lui vouaient tous ceux qui avaient eu la chance de l’approcher.
Nous aurions aimé que l’hommage au Grand Rabbin David Messas ne soit pas une occasion pour certains de se survaloriser en oubliant l’Histoire. Comme l’affirme l’adage, « une image vaut dix mille mots ». Ainsi, en feuilletant la galerie de photos dans le numéro que vient de dédier Information Juive au Grand Rabbin David Messas, ce qui est en soi une belle initiative, on aurait aimé que le mensuel du Consistoire y consacre quelques photos de 1994 à 2006, de la période au cours de laquelle David Messas, Grand Rabbin de Paris aux côtés de Moïse Cohen, alors Président de l’ACIP et actuel Président d’Honneur de cette même institution firent considérablement évoluer le Consistoire de Paris. En hommage à l’œuvre ainsi accomplie, citons notamment :
• Sur la Mémoire, ils ont créé un rituel de la Shoah, puisque selon la tradition juive, c’est une manière de perpétuer le souvenir des moments les plus fondamentaux de notre Histoire. Transcendant les différences entre courants religieux, ils ont organisé avec le MJLF, le Yom Hashoah, à un niveau de coordination fraternelle, permettant aux fidèles de participer à la Lecture des Noms des Déportés et aux offices consistoriaux.
• Sur Israël, comment oublier que là encore fut mis en œuvre un rituel de Yom Haatsmaout, de Yom Hazikaron et de Yom Yérouchalaïm faisant vibrer les fidèles en phase avec nos frères d’Israël. C’est à cette époque qu’à l’initiative de Roger Pinto, Premier vice-président de l’ACIP, le Grand Rabbin David Messas et Moïse Cohen nommèrent la salle Consistoriale, « salle Jérusalem ». A cette même époque où les touristes boudaient la capitale de l’Etat juif, à cause des attentats et les politiques boycottaient Israël du fait de sa fermeté, ils furent tous deux aux côtés de Meyer Dadi, alors Secrétaire Rapporteur de l’ACIP pour faire partir 750 jeunes, certains y découvraient Israël à cette occasion, en voyage de solidarité. On se souviendra aussi avec émotion des discours passionnés de David Messas qui galvanisaient les fidèles pour la défense d’Israël lors de la seconde intifada et de sa sensibilisation de tout un chacun à la lutte contre l’antisémitisme durant la vague d’agressions que connut la France au début des années 2000. Discours passionnés certes mais avant tout rabbiniques, emprunts de Torah et d’amour du prochain.
• Le Grand Rabbin David Messas et Moïse Cohen furent aussi ensemble des précurseurs du rapprochement inter-religieux. Avec Roger Cukierman, alors Président du CRIF et en coopération avec Dalil Boubakeur, Recteur de la Mosquée de Paris, ils parrainèrent le lancement de l’Amitié Judéo-Musulmane de France, animée et présidée par le Rabbin Michel Serfaty, l’un des plus proches amis et collaborateurs du Grand Rabbin Messas.
• Sur le rôle des femmes, lorsque Moïse Cohen préconisa que des femmes puissent se présenter aux élections à l’ACIP, le Grand Rabbin de Paris dont le rôle est essentiel dans la validation des candidatures, donna sa bénédiction aux candidatures féminines, faisant ainsi entrer l’ACIP dans la modernité.
• Dans le domaine de l’enseignement et de la formation continue des Rabbins, le Grand Rabbin David Messas a créé le Beth Hamidrach des Rabbins, dirigé par Ariel Messas.
• En matière de cacherout, ils eurent à affronter la difficile période de l’encéphalite spongiforme bovine (« vache folle »), au cours de laquelle la consommation globale de la viande, mais aussi celle de la viande cacher, baissa de manière drastique, menaçant les recettes de l’institution consistoriale. Ils présidèrent à la création du logo K-BDP que les consommateurs sont heureux de trouver sur des produits manufacturés, vendus en grande surface.
• Voulant faire évoluer la fonction rabbinique et les rapports entre Rabbins et laïcs, David Messas co-présida durant plus d’un an avec Roger Pinto, une Commission mixte (Rabbins-administrateurs) aux préconisations audacieuses.
• David Messas et Moïse Cohen prirent l’initiative de mettre en œuvre le Département Torah et Société, dirigé par le Grand Rabbin Gilles Bernheim, dont les publications sur de nombreux sujets qui interpellent le quotidien des fidèles juifs de France font référence bien au-delà du Judaïsme hexagonal.
Le Grand Rabbin Messas eut pour compagnons de route lors de ses mandats, deux Grands Rabbins de France, d’abord Joseph Sitruk puis Gilles Bernheim. Il travailla successivement, avec chacun d’entre eux dans une très grande proximité.
Le rappel des personnes et des faits cités ici n’est pas exhaustif. Tous les noms évoqués ci-dessus auraient mérité une place, aux côtés de David Messas, dans la galerie de photos d’Information Juive, au lieu d’une présence furtive pour le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim et pas de présence du tout pour tous les autres.
Durant la période du deuil d’un Maître jusqu’au jour des Chlochim, il ne faut, ni dire, ni faire, ni même envisager quoi que ce soit qui puisse laisser penser qu’on hâte les préparatifs de sa succession. Nous respectons et invitons à respecter ici une règle fondamentale de la tradition juive. Violer ce principe porterait atteinte à la mémoire du Grand Rabbin Messas.
Après cette période des Chlochim, et seulement après, viendra un autre temps.
C’est sans doute pour cette raison que les rédacteurs des Statuts du Consistoire central ont prévu que ce soit à l’autorité religieuse, celle du Grand Rabbin de France - qui sait respecter et faire respecter les temps de deuil - et non au pouvoir politique laïc, que reviendra la responsabilité, comme l’indique l’article 27 des Statuts du Consistoire Central de prendre « toute mesure pour pourvoir aux vacances des postes rabbiniques » .
Lorsqu’un Grand Rabbin, un Maître comme David Messas (Zatsal) disparaît, c’est en prenant la mesure du vide qu’il laisse derrière lui que l’on peut appréhender l’importance de son apport.
Texte collectif, sous la coordination de Charles Tenenbaum, Président d’ADJ
Documentation et témoignage sur l’œuvre du Grand Rabbin David Messas (Zatsal) : Jean François Strouf