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Manger kasher au milieu des baleines
Réflexion
Tadoussac (région du Saguenay Lac-Saint-Jean, Québec, Canada) : Dans ce village, où les eaux du fjord du Saguenay se mêlent à celles du Saint-Laurent, on est particulièrement bien placé pour observer plusieurs sortes de baleines. En allant dans la forêt environnante, on peut même y apercevoir des ours. En revanche, cet ancien village amérindien devenu le premier comptoir français du Québec est situé à une distance de plusieurs centaines de kilomètres de la première communauté juive…
En quittant Montréal, nous fûmes tentés, comme nous le conseillaient nos amis juifs de la grande métropole québécoise, de charger nos bagages de boîtes de conserves portant le symbole MK de Kasherout locale.
Pourtant, en entrant au "dépanneur" (nom québécois des supérettes) de Tadoussac, quelle ne fut pas notre surprise de trouver un choix très large de "bagels" kasher, portant le "OU" du rabbinat orthodoxe américain ou le MK canadien, puis un vaste étal de conserves de poissons tamponnés kasher et autant de gâteaux, de biscuits, d'apéritifs, de légumes, de fromages (cream cheese), etc. A de rares exceptions près (quelques produits américains OU en anglais sur lesquels on avait collé une étiquette en français), la plupart de ces produits étaient "bilingues" d'usine ! Ceci signifie qu'ils ont été produits à destination du seul marché canadien –qui oblige les producteurs à un étiquetage bilingue.
Pourquoi un Juif canadien peut-il débarquer au milieu du Nunavut, peuplé uniquement d'Inuits à plusieurs milliers de kilomètres d'une communauté juive et y trouver des produits tamponnés kasher d'usine et pourquoi un Juif de France qui sort des quartiers à population juive importante est-il obligé de promener sa liste de produits kasher ou "autorisés" ?
A tous ceux qui voudraient nous rétorquer qu'il s'agit du marché américain, nous répondrons que ce n'est pas exact, puisque des produits spécifiquement consommés par les Canadiens, voire les seuls Québécois, bénéficient de cet avantage (nous gardons pour preuve de notre affirmation un sachet de tisanes "la Courtisane" à la Carambole – Star fruit, dont les Québécois se servent en été pour parfumer leurs sodas glacés, portant le tampon de la kasherout montréalaise et acheté dans un village de Mauricie, aussi peu peuplée de Juifs que le Saguenay Lac-St-Jean).
Non, la différence entre la communauté juive canadienne et celle de France, c'est la notion de service au public. Permettre à un Juif où qu'il soit de trouver des produits kasher, c'est le service à la Canadienne, alors que dans le même temps, le Juif français qui mange kasher se voit offrir un réseau de magasins géographiquement limités à la zone de résidence des principales communautés juives. Les fabrications kasher en France sont souvent une production limitée d'un produit qui, le reste du temps sur la chaîne de production, n'est pas kasher. Le produit kasher est donc beaucoup plus cher que son homologue en non kasher. Les Canadiens eux, à l'instar des Américains auront tendance à voir plus large, à demander la modification de la fabrication pour la rendre kasher, en arguant de l'intérêt des consommateurs kasher, mais aussi halal et végétariens, voire végétaliens pour certains produits. Les fabricants sont rodés et les consommateurs sont favorisés en matière de prix et de service.
Naturellement, ceci implique un changement de mentalité chez les producteurs français et européens, mais avant tout dans nos propres institutions communautaires et autres baté dinim (tribunaux rabbiniques) qui ne voient en nous qu'un marché captif prêt à payer le prix fort pour bénéficier d'un service qui sur le continent américain est donné partout, sans contrepartie. S'il fallait trouver une raison au changement, "dayenou", celle-ci nous aurait suffi.
Tadoussac (région du Saguenay Lac-Saint-Jean, Québec, Canada) : Dans ce village, où les eaux du fjord du Saguenay se mêlent à celles du Saint-Laurent, on est particulièrement bien placé pour observer plusieurs sortes de baleines. En allant dans la forêt environnante, on peut même y apercevoir des ours. En revanche, cet ancien village amérindien devenu le premier comptoir français du Québec est situé à une distance de plusieurs centaines de kilomètres de la première communauté juive…
En quittant Montréal, nous fûmes tentés, comme nous le conseillaient nos amis juifs de la grande métropole québécoise, de charger nos bagages de boîtes de conserves portant le symbole MK de Kasherout locale.
Pourtant, en entrant au "dépanneur" (nom québécois des supérettes) de Tadoussac, quelle ne fut pas notre surprise de trouver un choix très large de "bagels" kasher, portant le "OU" du rabbinat orthodoxe américain ou le MK canadien, puis un vaste étal de conserves de poissons tamponnés kasher et autant de gâteaux, de biscuits, d'apéritifs, de légumes, de fromages (cream cheese), etc. A de rares exceptions près (quelques produits américains OU en anglais sur lesquels on avait collé une étiquette en français), la plupart de ces produits étaient "bilingues" d'usine ! Ceci signifie qu'ils ont été produits à destination du seul marché canadien –qui oblige les producteurs à un étiquetage bilingue.
Pourquoi un Juif canadien peut-il débarquer au milieu du Nunavut, peuplé uniquement d'Inuits à plusieurs milliers de kilomètres d'une communauté juive et y trouver des produits tamponnés kasher d'usine et pourquoi un Juif de France qui sort des quartiers à population juive importante est-il obligé de promener sa liste de produits kasher ou "autorisés" ?
A tous ceux qui voudraient nous rétorquer qu'il s'agit du marché américain, nous répondrons que ce n'est pas exact, puisque des produits spécifiquement consommés par les Canadiens, voire les seuls Québécois, bénéficient de cet avantage (nous gardons pour preuve de notre affirmation un sachet de tisanes "la Courtisane" à la Carambole – Star fruit, dont les Québécois se servent en été pour parfumer leurs sodas glacés, portant le tampon de la kasherout montréalaise et acheté dans un village de Mauricie, aussi peu peuplée de Juifs que le Saguenay Lac-St-Jean).
Non, la différence entre la communauté juive canadienne et celle de France, c'est la notion de service au public. Permettre à un Juif où qu'il soit de trouver des produits kasher, c'est le service à la Canadienne, alors que dans le même temps, le Juif français qui mange kasher se voit offrir un réseau de magasins géographiquement limités à la zone de résidence des principales communautés juives. Les fabrications kasher en France sont souvent une production limitée d'un produit qui, le reste du temps sur la chaîne de production, n'est pas kasher. Le produit kasher est donc beaucoup plus cher que son homologue en non kasher. Les Canadiens eux, à l'instar des Américains auront tendance à voir plus large, à demander la modification de la fabrication pour la rendre kasher, en arguant de l'intérêt des consommateurs kasher, mais aussi halal et végétariens, voire végétaliens pour certains produits. Les fabricants sont rodés et les consommateurs sont favorisés en matière de prix et de service.
Naturellement, ceci implique un changement de mentalité chez les producteurs français et européens, mais avant tout dans nos propres institutions communautaires et autres baté dinim (tribunaux rabbiniques) qui ne voient en nous qu'un marché captif prêt à payer le prix fort pour bénéficier d'un service qui sur le continent américain est donné partout, sans contrepartie. S'il fallait trouver une raison au changement, "dayenou", celle-ci nous aurait suffi.
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