Restez informé(e)...
Inscrire votre adresse courriel
Recherche
Connexion utilisateur
- Actualités
De la privatisation des institutions consistoriales
Général
Un BETH DIN est une juridiction religieuse qui répond à un périmètre d'autorité géographique et démographique. Il définit une communauté de manière stable. Il lui donne son identité et sa spécificité. face aux communautés d'autres villes et d'autres pays. Ces règles sont très précisément régies au sein de la halakha.
Une décision de justice est parvenue à notre rédaction voici quelques semaines. Datée du mois de mars 2011 et rédigée en hébreu dans un style qui correspond à celui du rabbinat israélien, elle faisait état du règlement d'un conflit entre deux parties qui se sont présentées volontairement devant un Beth Din à Paris. Jusque là rien que de très normal. Sauf que voilà: le Beth Din en question s'intitule dans la décision (qui n'est pas traduite dans la langue de la République) "BETH DIN DE FRANCE". Cette auto proclamation pourrait paraître abusive mais tolérable si on la considérait comme une appellation de type "marketing". Les choses se compliquent néanmoins lorsqu'on regarde de plus près les détails de la composition et l'autorité invoquée pour ce BETH DIN.
Le document mentionne en effet, en français (les auteurs sauraient donc lire et écrire le français lorsqu'ils le jugent nécessaire), d'un côté: "Sous la Présidence du Grand Rabbin du Consistoire, Rav Yossef Haim Sitruk shalit"a", de l'autre côté : "Sous l'autorité du Av Beth Din, Rav Mordekhaï Gross shalit"a".
De plus, la décision est signée en hébreu des rabbins Mordekhaï Gross (de Bné-Brak), Shlomo Zafrani (de Jérusalem) et Shimon Sharbit (Paris, élève du Rav Rottenberg zt"l).
Après quelques clarifications, ce qu'on pouvait craindre de pire sur le plan de la gouvernance communautaire se confirme. Le BETH DIN DE FRANCE est une institution anachronique fondée par le Grand Rabbin Sitruk, alors qu'il était encore Grand Rabbin de France en exercice.
Anachronique, parce qu'illégitime dans son concept et dans ses formes. L'idée centrale consiste à faire venir régulièrement un Av Beth Din et un Dayan d'Israël (inspirés par l'autorité du Rav Eliashiv shalit"a) et d'y associer un rabbin français non consistorial, pour réaliser des arbitrages sur des questions économiques. Il s'agissait donc, dès le départ, d'un déni d'autorité des Rabbanim consistoriaux du sein même du Consistoire de France.
Anachronique, parce qu'institué alors par un Grand Rabbin de France en exercice et financé par celui-ci au sein même du Consistoire, il faisait dès le départ appel à des réseaux rabbiniques qui ne reconnaissent pas le Consistoire, et même, le combattent de toutes leurs forces sur le terrain.
Anachronique, parce qu'il proclamait qu'il n'était pas une seule composition de rabbins et de dayanim dans toute la France -dans le système consistorial ou hors de lui - qui soit capable d'apporter des solutions à ces questions que seuls ces rabbins israéliens, proche du Grand Rabbin Sitruk, pouvaient eux résoudre.
Anachronique, parce que tous les rabbins et dayanim de France et de Navarre, consistoriaux ou non, ont hurlé à la hassagat gvoul, l'équivalent dans la halakha, de pratiques contraires aux lois de la concurrence (grave interdit dans le domaine rabbinique).
Anachronique enfin, parce que malgré tous ces anachronismes, le Consistoire Central présidé par Joël Mergui a financé cette nouvelle institution pour des sommes considérables durant tout le mandat du Grand Rabbin Sitruk et malgré les déficits courants du Consistoire Central. Alliances politiques obligent.
Cependant, tous ces anachronismes deviennent aujourd'hui scandale pour les raisons suivantes :
En premier lieu, voilà qu'après avoir fondé une institution anti consistoriale au sein même du Consistoire, un ex-Grand Rabbin de France a transféré cette institution sous son contrôle privé, comme s'il s'agissait d'une banale association. Au point qu'on finit par se demander si le Consistoire Central, toujours présidé par Joël Mergui, continue à financer secrètement ce qui apparaît comme la "chose" d'un ex-Grand Rabbin de France qui serait peut être en mal de reconquérir sa couronne?
Joël Mergui ne s'est-il pas vanté récemment dans la newsletter du Consistoire Central du 25 février 2011 de prendre conseil auprès du Rav Eliashiv shalit"a, y associant une photo furtive qui devait attester de ce qu'il avait été reçu en audience par ce grand Rav?
Il serait bon que le Consistoire de France s'explique publiquement sur ces questions :
- finance -t-il encore le BETH DIN DE FRANCE, en direct, ou par le biais de l'une de ces multiples associations contrôlées par Joël Mergui et dont les communautés ne voient jamais les comptes ?
- si tel n'est pas le cas, pourquoi laisse-t-il fonctionner sous le même nom et dans la même configuration, une institution qui a été fondée en son sein et dont il a proclamé après le mois de juin 2008, qu'elle s'arrêterait de fonctionner ?
- quelles sont les règles de gouvernance qui régissent les institutions qui naissent et se développent au sein du Consistoire de France ou dans son giron direct, institution qui doit rendre des comptes à toutes les communautés de France et à la République?
Les réponses à ces questions nous éclaireront quant à la question de savoir si le Consistoire de France de 2011, sous la présidence de Joël Mergui, pratique les méthodes de la "République bananière" ou celle d'une institution transparente, dotée d'une gouvernance digne du XXIème siècle?
Un BETH DIN est une juridiction religieuse qui répond à un périmètre d'autorité géographique et démographique. Il définit une communauté de manière stable. Il lui donne son identité et sa spécificité. face aux communautés d'autres villes et d'autres pays. Ces règles sont très précisément régies au sein de la halakha.
Une décision de justice est parvenue à notre rédaction voici quelques semaines. Datée du mois de mars 2011 et rédigée en hébreu dans un style qui correspond à celui du rabbinat israélien, elle faisait état du règlement d'un conflit entre deux parties qui se sont présentées volontairement devant un Beth Din à Paris. Jusque là rien que de très normal. Sauf que voilà: le Beth Din en question s'intitule dans la décision (qui n'est pas traduite dans la langue de la République) "BETH DIN DE FRANCE". Cette auto proclamation pourrait paraître abusive mais tolérable si on la considérait comme une appellation de type "marketing". Les choses se compliquent néanmoins lorsqu'on regarde de plus près les détails de la composition et l'autorité invoquée pour ce BETH DIN.
Le document mentionne en effet, en français (les auteurs sauraient donc lire et écrire le français lorsqu'ils le jugent nécessaire), d'un côté: "Sous la Présidence du Grand Rabbin du Consistoire, Rav Yossef Haim Sitruk shalit"a", de l'autre côté : "Sous l'autorité du Av Beth Din, Rav Mordekhaï Gross shalit"a".
De plus, la décision est signée en hébreu des rabbins Mordekhaï Gross (de Bné-Brak), Shlomo Zafrani (de Jérusalem) et Shimon Sharbit (Paris, élève du Rav Rottenberg zt"l).
Après quelques clarifications, ce qu'on pouvait craindre de pire sur le plan de la gouvernance communautaire se confirme. Le BETH DIN DE FRANCE est une institution anachronique fondée par le Grand Rabbin Sitruk, alors qu'il était encore Grand Rabbin de France en exercice.
Anachronique, parce qu'illégitime dans son concept et dans ses formes. L'idée centrale consiste à faire venir régulièrement un Av Beth Din et un Dayan d'Israël (inspirés par l'autorité du Rav Eliashiv shalit"a) et d'y associer un rabbin français non consistorial, pour réaliser des arbitrages sur des questions économiques. Il s'agissait donc, dès le départ, d'un déni d'autorité des Rabbanim consistoriaux du sein même du Consistoire de France.
Anachronique, parce qu'institué alors par un Grand Rabbin de France en exercice et financé par celui-ci au sein même du Consistoire, il faisait dès le départ appel à des réseaux rabbiniques qui ne reconnaissent pas le Consistoire, et même, le combattent de toutes leurs forces sur le terrain.
Anachronique, parce qu'il proclamait qu'il n'était pas une seule composition de rabbins et de dayanim dans toute la France -dans le système consistorial ou hors de lui - qui soit capable d'apporter des solutions à ces questions que seuls ces rabbins israéliens, proche du Grand Rabbin Sitruk, pouvaient eux résoudre.
Anachronique, parce que tous les rabbins et dayanim de France et de Navarre, consistoriaux ou non, ont hurlé à la hassagat gvoul, l'équivalent dans la halakha, de pratiques contraires aux lois de la concurrence (grave interdit dans le domaine rabbinique).
Anachronique enfin, parce que malgré tous ces anachronismes, le Consistoire Central présidé par Joël Mergui a financé cette nouvelle institution pour des sommes considérables durant tout le mandat du Grand Rabbin Sitruk et malgré les déficits courants du Consistoire Central. Alliances politiques obligent.
Cependant, tous ces anachronismes deviennent aujourd'hui scandale pour les raisons suivantes :
En premier lieu, voilà qu'après avoir fondé une institution anti consistoriale au sein même du Consistoire, un ex-Grand Rabbin de France a transféré cette institution sous son contrôle privé, comme s'il s'agissait d'une banale association. Au point qu'on finit par se demander si le Consistoire Central, toujours présidé par Joël Mergui, continue à financer secrètement ce qui apparaît comme la "chose" d'un ex-Grand Rabbin de France qui serait peut être en mal de reconquérir sa couronne?
Joël Mergui ne s'est-il pas vanté récemment dans la newsletter du Consistoire Central du 25 février 2011 de prendre conseil auprès du Rav Eliashiv shalit"a, y associant une photo furtive qui devait attester de ce qu'il avait été reçu en audience par ce grand Rav?
Il serait bon que le Consistoire de France s'explique publiquement sur ces questions :
- finance -t-il encore le BETH DIN DE FRANCE, en direct, ou par le biais de l'une de ces multiples associations contrôlées par Joël Mergui et dont les communautés ne voient jamais les comptes ?
- si tel n'est pas le cas, pourquoi laisse-t-il fonctionner sous le même nom et dans la même configuration, une institution qui a été fondée en son sein et dont il a proclamé après le mois de juin 2008, qu'elle s'arrêterait de fonctionner ?
- quelles sont les règles de gouvernance qui régissent les institutions qui naissent et se développent au sein du Consistoire de France ou dans son giron direct, institution qui doit rendre des comptes à toutes les communautés de France et à la République?
Les réponses à ces questions nous éclaireront quant à la question de savoir si le Consistoire de France de 2011, sous la présidence de Joël Mergui, pratique les méthodes de la "République bananière" ou celle d'une institution transparente, dotée d'une gouvernance digne du XXIème siècle?