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Editorial : Le changement est en marche ...
Chers Amis,
Le nouveau Grand rabbin de France est entré en action cette semaine, d'une manière remarquée. Voeux à l'Elysée, déplacement de deux jours à Toulouse, rappel de son engagement de rabbin et de Grand rabbin de France dans une interview rabbinique telle qu'on n'en avait plus vue depuis longtemps par sa hauteur et sa longueur de vue (Le Figaro du 12 janvier), points de presse multiples. Autant de signaux qui indiquent l'avènement d'un changement à la tête du judaïsme français, attendu par une grande majorité au sein de la communauté*.
Dans notre newsletter du 9 janvier 2009, nous appelions les "dirigeants communautaires (à) manifester leur disponibilité pour que la conduite de ce changement se fasse dans l'unité et la collégialité, autour du Grand rabbin de France." Ce changement est d'ores et déjà appuyé par le rôle éminent des Grands rabbins et rabbins ainsi que par les Consistoires régionaux qui réservent au Grand rabbin de France un accueil exemplaire lors de ses déplacements et démontrent ainsi leur engagement à ses côtés.
Cependant, sans entrer dans une foule de détails qu'il serait superflu d'énumérer en chaîne, on ne peut qu'observer avec inquiétude l'obstruction faite dès les premiers jours au nouveau Grand rabbin de France, au déploiement de son travail et de ses projets, de la part de l'institution dont la vocation première est de l'accueillir et de se mettre à son service, pour que sa réussite soit celle de l'ensemble de la communauté. Hormis l'absence de toute annonce de bienvenue de la part de l'institution jusqu'à ce jour (site Internet, AFP, autres...), un accueil matériellement désastreux, une opposition au recrutement des compétences ad hoc désignées par le Grand rabbin depuis de longs mois (dans le respect des formats existants depuis 21 ans au sein de l'institution), nous nous interrogeons avec plus d'inquiétude encore, quant au brouillage immédiatement apparent des périmètres : un président du Consistoire Central présent à l'invitation des forces religieuses de la nation par le président de la République, semble aussi déplacé qu'un président qui tente de s'emparer du leadership sur des questions de casherout ou encore, de s'imposer en des rendez-vous avec la communauté qui sont, par essence, des visites pastorales.
Quelle est la vocation du Consistoire central, si ce n'est de permettre en premier lieu au Grand rabbin de France de diriger le rabbinat, d'inspirer et de guider la communauté à partir de cette plateforme ?
Quelle est la vocation d'un président du premier des Consistoires sinon de se mettre, avec modestie et dévouement, au service du Grand rabbin qu'a désigné la communauté à sa tête, en respectant scrupuleusement le périmètre de chacune des vocations et en reconnaissant la supériorité de l'Autorité morale lorsque celle-ci doit s'exprimer, certes, mais aussi s'exercer ?
Nous avons rappelé dans notre précédente newsletter, que le Grand rabbin Bernheim avait été élu très majoritairement, pour conduire un programme largement approuvé par les Juifs de France et leurs représentants. Nous désirons aujourd'hui partager avec vous notre inquiétude et vous alerter sur ce qui apparaît de manière précoce comme une possible dérive de l'institution et du mode de fonctionnement de sa direction.
Durant les six mois qui ont séparé l'élection du Grand rabbin Gilles Bernheim de sa prise de fonction, nous avons observé que le président du Consistoire central ne semblait pas prendre la mesure de l'arrivée le 1er janvier 2009 d'un nouveau GRF et avons émis l'espoir que son attitude évoluerait positivement à cette date. Force est de constater que tous les signaux émis par l'administration du Central sont négatifs.
Nous n'avons pas pour vocation de nous substituer à la communication du Grand rabbin de France qui agira comme il l'entend face à cette situation. Simplement, Avenir du judaïsme, depuis sa création, s'est voulu une association de prospective et d'action positive pour faire avancer la Communauté juive de France vers un judaïsme ouvert sur la cité et vers d'autres normes de gestion communautaire que celles qui prévalent aujourd'hui. Nous savons bien que de telles aspirations, qui sont aujourd'hui portées par le Grand rabbin de France, passent par la mise en œuvre de projets concrets, qui s'appuient sur des moyens pratiques.
En ces temps difficiles pour Israël et pour le peuple juif, notre communauté a plus que jamais besoin d'unité. Une telle unité ne peut se faire, en France, qu'autour de la fonction et de la personne du Grand rabbin de France, à qui l'on doit de mettre tous les moyens à disposition, dans le respect de nos traditions communautaires et en évitant toute dimension conflictuelle.
C'est dans la plus totale transparence et dans un esprit constructif que nous vous informerons, comme nous l'avons fait depuis janvier 2008, notamment sur les obstacles placés face aux aspirations qui sont les nôtres et les vôtres.
Vous avez le droit de faire connaître ces aspirations au président du Consistoire central : consis@wanadoo.fr .
Cordial Shalom,
L'équipe d'Avenir du judaïsme
* et salué par le CRIF qui "apporte son soutien complet au Grand rabbin Gilles Bernheim… (et) salue (sa) prise de fonctions comme Grand rabbin de France" [http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=13249&returnto=articles_display/list&tg_id=2&artyd=9 ]